Les Utopiales 2019 : Coder/décoder

Le 1er novembre était un samedi cette année, et combiné au week-end, le festival Les Utopiales à Nantes pouvait profiter de trois jours d’affilés non travaillés pour la plupart afin d’attirer du monde. Débutant le jeudi, j’ai pu m’y rendre les vendredi et samedi. Étonnamment, après plusieurs années avec une durée de 5 jours ouverts au public, 2019 marquait le retour à seulement 4 jours. La conséquence ne s’est pas faite attendre, avec une foule monumentale dans la Cité des Congrés de Nantes. Et il y a avait de quoi faire entre les tables rondes parfois très intéressantes, les expositions et autres activités. Retour sur mon vécu du festival de cette année.

Je tiens à préciser que c’est la première fois que je me rends aux Utopiales. Il y a donc probablement beaucoup de points avec lesquels je suis peu familier, mais qui paraîtront probablement évidents à d’autres. Par exemple, la durée fluctuante chaque année est peut-être juste due au jour où tombe le 1er novembre férié. Bref, je découvre, mais ma vision du festival est aussi neuve, ce qui permet d’avoir un avis éventuellement moins biaisé.

Le thème de l’année 2019 était coder/décoder. Le festival fêtait ses 20 ans, et il n’est pas toujours évident de trouver un nouveau sujet à chaque fois. Il faut donc, je pense, imaginer qu’il s’agit plus d’une direction générale qu’une instruction à prendre à la lettre. En effet, « coder/décoder » reste assez vague finalement, et sujet à plusieurs interprétations. De nombreuses activités du festival pouvaient y être attachées, parfois avec imagination, mais globalement, l’évènement ne se ferme pas strictement à ce thème, et bien heureusement !

Une organisation dépassée

L’énorme influence lors du festival ne peut pas être ignorée. Bien entendu, on dira qu’il est victime de son succès, ce qui prouve sa qualité. Certes, mais l’organisation doit s’adapter, ou en tout cas, se remettre un minimum en cause. Cette année, autant le dire, elle n’était pas faite pour accueillir autant de gens. Les conséquences de cette mauvaise organisation se font sentir sur plusieurs aspects.

Pour les tables rondes, il faut imaginer environ quatre salles consacrées, avec enchaînement des sujets. Une table ronde, c’est une heure, et l’heure de fin de l’une est l’heure de début de l’autre. Du coup, il y a plusieurs philosophies selon la salle. Salle Shayol, c’est la liberté, aucune intervention des organisateurs. Salle Tschaï, c’est à l’inverse super cadré : pour entrer, il faut un ticket. J’ai tenté d’y aller en me pointant 30 à 45 min avant la table ronde, raté, tous les tickets étaient distribués… Salle Hetzel, c’est un mélange des deux. Les organisateurs demandent de quitter la salle après une conférence pour permettre à ceux qui attendent la suivante d’entrer. Problème, si tu veux voir la suivante et si tu sors, tu es quasiment sûr de ne pas pouvoir rentrer, donc il faut rester à sa place. Les organisateurs sont de toute manière impuissants, puisqu’il faut enchaîner les tables rondes. Enfin, la salle Tardis était trop petite pour que je réussisse à m’y rendre.

Pourtant, les solutions sont simples : moins de tables rondes, avec des espacements de 30 min entre chaque par exemple. Surtout que toutes les conférences n’étaient pas intéressantes. Il faut savoir prendre sur soi, et quand on n’a rien à dire sur un sujet, autant ne pas faire la table ronde. Surtout que le festival a un thème, et qu’on se retrouve avec des choses finalement assez redondantes. J’ai même assisté à au moins une conférence avec des invités qui connaissaient mal le sujet, ce qui ne devrait pas arriver.

L’autre point qui déguste à cause du peuple, c’est la librairie. J’ai tenté d’avoir une dédicace, quelle erreur ! Déjà, il faut arriver à se déplacer entre les tables remplies de livres. Ensuite, faire la queue qui peut être très longue selon l’auteur. Mais le pire étant de devoir refaire longuement la queue pour payer son livre. J’ai vite laissé tomber, même si je pense qu’un petit auteur est parfaitement accessible, et l’échange peut être très sympa.

L’organisation est donc le point noir de ce festival, et il faut espérer des améliorations les années à venir. Le samedi, la vente des places a été interrompue durant la journée. L’initiative est bonne, et a surtout fait défaut le vendredi. Je ne suis même pas sûr que réglementairement, le Palais des Congrès puisse accueillir autant de monde en toute sécurité. Une solution pourrait être un nouveau lieu, ou d’éclater le festival sur d’autres sites. Faudra-t-il attendre une baisse de fréquentation ou un accident pour que les choses changent ?

Les expositions

Le festival proposait plusieurs expositions, et je me suis principalement attardé sur celles consacrées à la BD. Il y en avait quatre, pour différents goûts. Mathieu Bablet, auteur de l’affiche de 2019, avait le droit à une exposition pour lui tout seul. Véritable architecte des environnements, ses planches et dessins proposés étaient hallucinants de précision. Il est juste dommage de l’avoir placé dans un lieu de passage important, même si du coup, je pense que tous les visiteurs l’ont vue.

Jean-Claude Mézières avait aussi le droit aux éloges, avec une très bonne exposition. Le dessinateur de Valérian et Laureline a aussi participé à la conception du Cinquième Élément de Luc Besson. Ces deux aspects ont été mis en avant avec une série de planches originales, mais aussi de dessins conceptuels du film. Bref, un plaisir de contempler un petit morceau d’histoire graphique de la science-fiction.

La troisième exposition nous accueillait avec une grande pyramide inversée. Il s’agissait de celle consacrée au Dernier Pharaon, un tome de Blake et Mortimer sorti plus tôt dans l’année qui a fait couler un peu d’encre par rapport à sa qualité. En revanche, difficile de reprocher quelque chose aux dessins de François Schuiten, et cette exposition le prouve. Les planches fourmillent de détails et de profondeur, elles transpirent d’aventures et de mystères, c’est juste magnifique.

Enfin, la dernière se focalisait sur Le Dernier Atlas, une série qui vient de débuter dessinée par Fred Blanchard. Moins familier avec cet univers, je n’ai pas pris le temps de m’y attarder. Mon principal regret de ces expositions est d’avoir pris si peu de photos, mais j’ai mis ci-dessous les quelques que j’ai faites. Il faut savoir que l’espace consacré à ces expositions était très réduit, et souvent pas dédié. Du coup, l’accès aux cadres étaient compliqué, il y avait beaucoup de monde, et pas forcément de gens intéressés par l’expo.

Retour sur les tables rondes

Pour la suite, je vais revenir sur les tables rondes auxquelles j’ai pu assister, et qui m’ont paru les plus intéressantes. Il faut savoir qu’une bonne partie des conférences semble disponible en podcast, voire en vidéo sur le site des Utopiales. C’est réellement une excellente idée, et je vous invite vraiment à y jeter un œil. Afin de ne pas surcharger la page actuelle, je vais faire un article résumé par table ronde. Les liens seront mis ci-dessous au fur et à mesure :

Cinéma, pôle ludique et jeux vidéo

Les Utopiales proposent aussi des séances de cinéma auxquelles je n’ai pas assisté par manque de temps, mais la sélection des films semblait plutôt bonne et pertinente à première vue. Il y avait aussi une salle consacrée aux jeux vidéo, avec quelques prototypes présentés par des développeurs indépendants. J’y suis passé vite fait, sans trop m’attarder, mais l’idée est bonne. Enfin, dans un sous-sol dont la surface surprend se trouvait un pôle ludique, avec notamment la possibilité de jouer à de nombreux jeux de société. Très bonne idée, et l’ambiance semblait très chaleureuse.

Vous l’aurez compris, les Utopiales sont un festival extrêmement riche et généreux. Impossible de tout faire, et il y en a pour tous les goûts même pour ceux qui ne sont pas plus versés que ça dans la science-fiction. Dommage juste que ce soit dans un lieu au final si confiné.